Chers collègues, Chères collègues,
Comme vous avez certainement vu dans les nouvelles au printemps dernier, l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l'homme (GANHRI) procédait à un examen spécial de la conformité du statut A de la Commission avec les Principes de Paris.
L’examen a été initié par GANHRI à la demande de la société civile, qui a soulevé des inquiétudes sur la conformité de la Commission avec les Principes de Paris, alléguant des doutes quant à la Commission « ne remplissant pas son rôle de protection des individus contre la discrimination raciale, et sur son incapacité à maintenir un environnement de travail inclusif et exempt de discrimination ».
GANHRI a récemment conclu son examen indépendant et compréhensif et a conclu que la Commission maintient son statut A. Par sa décision, GANHRI a indiqué qu'elle était satisfaite que des progrès réalisés par la Commission et de sa capacité à mettre en œuvre de son mandat de manière efficace. Grâce au maintien de notre statut A, le Sous-comité était encouragé que nous continuons à « résoudre des violations des droits de la personne systémiques, y compris de lutter contre la discrimination raciale systémique à la Commission et dans le cadre de son mandat ».
La Commission a fait preuve d'humilité, mais ce processus nous a donné l'occasion de faire une introspection. Ce que je sais avec certitude, c'est que c'est grâce aux efforts de notre personnel que nous avons pu réaliser des progrès significatifs au sein de notre organisation et dans la manière dont nous traitons les plaintes de discrimination.
La Commission a présenté un rapport détaillé sur ses efforts et s’est présentée devant GANHRI afin de répondre à leurs questions. Nous avons pu mettre en évidence la manière dont nous avons mis en œuvre des mesures correctives de profondeur, notamment par l’élaboration d’un Plan d’action de lutte contre le racisme (PALR), lequel a été clé dans l’intégration de notre travail de lutte contre le racisme à l’échelle de la Commission, y compris dans notre processus de traitement des plaintes :
- Depuis 2020, le nombre de plaintes fondées sur la race que nous rejetons est en constante diminution (passant de 26 % en 2018 à 12 % en 2023).
- Le nombre de plaintes fondées sur la race que nous transférons au Tribunal est en hausse constante (passant de 6 % en 2020 à 27 % en 2023).
- Nous avons réduit de près de moitié le délai moyen de traitement des plaintes en réglant un plus grand nombre de dossiers par le biais des modes alternatifs de règlement des litiges et en simplifiant nos procédures grâce à la modernisation de notre processus du traitement des plaintes. En 2020, le délai moyen de traitement pour toutes les plaintes était de 27 mois; il était de 15 mois pour toutes les plaintes et de 14 mois pour les plaintes fondées sur la race en 2023.
Nous avons également pu mettre en évidence qui nous sommes à la Commission. D'après les données de 2023, le pourcentage des membres de la Commission qui s'identifient comme des personnes noires a augmenté de 3,9 % en 2020 à 8,8 % en 2023. Au niveau de la haute gestion, ce pourcentage a augmenté de 6 % en 2020 à 10,5 % en 2023.
Bien que nous accueillions cette décision comme une validation indépendante que nous sommes sur la bonne voie, nous demeurons profondément engagés à travailler à apporter des changements significatifs et mesurables en matière de lutte contre le racisme. Nous continuerons d’utiliser notre position indépendante devant les organes des Nations Unies pour soulever des questions des droits de la personne au Canada, y compris mettre en évidence spécifiquement la question du racisme anti-Noir.
Merci pour votre collaboration continue.
Charlotte-Anne Malischewski
Présidente intérimaire
Commission canadienne des droits de la personne